Immobilier : baisse des prix pour 2012 ?

Immobilier : baisse des prix pour 2012 ?

Baisse des prix de l'immobilier en 2012

Après un bilan 2011 plutôt positif, les professionnels de l'immobilier regardent avec angoisse vers 2012. Entre octobre 2010 et septembre 2011, 832 000 transactions se sont conclues, soit le niveau d'avant la crise de 2008. En comparaison 2010 affichait un volume de 784 00 ventes. Une belle année 2011 qui se termine pourtant sans fanfare avec un net tassement des ventes au dernier trimestre et un ralentissement sensible du prix des biens. Un avant-goût de ce que sera 2012 ? Il est un peu prématuré pour l'affirmer, mais les indicateurs sont plutôt tournés vers une dégradation de la demande.

2012 ne sera pas 2011, les données de base diffèrent. Le PTZ+ a été supprimé dans l'immobilier ancien, les taux ont augmenté graduellement tout au long de l'année passée et devraient continuer de grimper dans les semaines à venir, les conditions d'accès au crédit se sont passablement durcies, et la fiscalité des plus-values immobilières est alourdie à compter du 1er février. Sans omettre de noter le contexte qui enrobe le tout : l'enlisement dans la crise de la dette dans une ambiance électorale. Il faut redoubler de motivation pour avoir envie d'acheter un bien immobilier.

Chacun s'accorde à dire que le volume des ventes baissera en 2012 dans des proportions qui vont de 10% à 15%

Les acteurs du marché, les agents immobiliers en premier lieu, se risquent déjà à quels pronostics, même si la visibilité est courte.  Le pessimisme ne sera jamais reproché face à un optimisme trop appuyé. L'accalmie pourrait marquer le début d'un recul sensible des prix, déjà amorcé depuis l'automne. On sait le marché français très hétérogène et les moyennes nationales trompeuses. Le tableau qui prévaut à Paris n'est pas celui des régions. Sur tout le territoire, les prix auraient grimpé de +6% selon Century 21, plus encore selon la Fnaim avec +7,3%. Paris a fait preuve d'une certaine modération durant l'automne en freinant sur les prix : la Fnaim estime le recul des prix parisiens à 6,3% au cours du quatrième trimestre, une contraction significative qui ne compense pas la forte augmentation sur l'ensemble de l'année (22,7% selon la Fnaim et 12,6% selon Century 21). Cela reste pourtant le plus sévère coup de frein du marché français ; sur la France entière le recul est évalué à -2,2% pour la seconde partie de l'année.

Si le contexte est peu favorable aux décisions d'achat immobilier, il est difficile de tabler sur une prochaine baisse des prix. La pénurie de logements est une constante parisienne, elle l'est également dans les grandes agglomérations. La demande ailleurs risque en revanche de se tasser, retenue par le durcissement des conditions d'accès au crédit et la limitation du prêt à taux zéro à l'achat dans le neuf. En supprimant le PTZ+ dans l'ancien, le gouvernement retire 300 000 ventes au secteur si l'on se réfère aux chiffres de l'année passée. Cette mise au ban des primo-accédants pourrait avoir pour effet de tirer les prix vers le bas pour rééquilibrer une demande en berne. La Fnaim voit un recul des prix de l'ordre de 5%, à l'inverse de Century 21 qui parie sur l'effet pénurie pour pousser les prix de 2% à 3%.


Noémie Palussière


 


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