Crédit immobilier : pas de hausse pour le moment.

Crédit immobilier : pas de hausse pour le moment.

La perte du Triple A tarderait-il à produire ses effets ?

Avec une note abaissée de la dette française, les observateurs craignaient une augmentation des taux sur le long terme et par capillarité une hausse des taux de crédit à l'habitat. Pour l'heure, les courtiers n'enregistrent aucun mouvement notable à la hausse, au contraire, les taux de crédit immobilier auraient plutôt reculé légèrement.

Contre toute attente, les taux ont entamé un faible repli en février par rapport au mois dernier. Selon le baromètre du courtier Meilleurtaux.com, la dégradation de la note souveraine de la France a eu peu d'impact sur le niveau des taux à l'habitat. La France arrive d'ailleurs à emprunter sur le marché obligataire à des taux inférieurs à ce qu'elle pouvait lever avec la note suprême. Les emprunts obligataires (OAT 10 ans) sur lesquels se basent les banques pour déterminer les taux fixes n'ont pas augmenté, ils ont même baissé en février pour atteindre 2,89% contre 3,40% avant la perte du troisième A.

Refinancement des banques

Les banques bénéficient toujours d'un taux de refinancement exceptionnellement bas par la Banque Centrale Européenne (1%) et de taux interbancaires très performants. Loin d'être une surprise, la perte du triple A avait été anticipée par tous les acteurs du marché financier, mais pour les courtiers le niveau actuel des taux de crédit immobilier était totalement imprévu.

Chez Meilleurtaux, 45% des banques partenaires affichent des baisses de l'ordre de 0,15% en moyenne. 31% ont choisi de ne rien bouger, et 24% inscrivent une très légère hausse de 0,07% en moyenne. Le taux moyen sur 20 ans passe ainsi de 4,31% à 4,28%. Cette politique commerciale favorable aux emprunteurs ne cache pas moins un durcissement des conditions d'octroi : l'apport personnel exigé est de 10% minimum, la durée d'emprunt s'est raccourcie et les sommes empruntées moins importantes. Une mécanique logique qui met lumière les difficultés d'accès à la propriété pour les primo-accédants, grands perdants des nouvelles mesures du gouvernement (recentrage du PTZ+ sur l'immobilier neuf).

Les taux vont-ils maintenir la tendance ? Selon Crédit Logement, il est peu probable que les banques observent un statu quo. Les contraintes de Bâle 3 les obligent à consolider leurs fonds propres et à bloquer le curseur de la prise de risque au niveau le plus bas. Les taux de crédit devraient sensiblement grimper d'ici l'été. La pierre n'en reste pas moins une valeur refuge et l'acquisition de la résidence principale l'objectif de la plupart des Français. A l'échelle nationale, la demande demeure globalement supérieure à l'offre. Et les candidats à l'élection présidentielle commencent à inclure l'immobilier dans leurs promesses de campagne.


 


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